Pourquoi les vacances ne suffisent pas à récupérer
Chaque été, j'entends la même phrase : « Vivement les vacances, je suis épuisé. » Puis, à la rentrée : « J'ai l'impression de ne pas avoir coupé. » Pourtant, il y a souvent eu plusieurs semaines de congés. Le problème n'est donc pas leur durée, mais notre capacité à réellement décrocher.
Ce que récupérer veut dire
Le modèle effort-récupération de Meijman et Mulder (1998) montre que le travail mobilise des ressources, telles que l'attention, l'énergie et la régulation émotionnelle, qui ne se reconstituent que lorsque les sollicitations cessent.
Consulter un mail « juste pour vérifier », répondre à une notification ou repenser à un dossier suffit à réactiver les mêmes mécanismes cognitifs. Le cerveau reste au travail, même en vacances.
Mais alors, qu'est-ce qui permet réellement de récupérer ? La recherche en psychologie du travail apporte une réponse assez claire.
Les quatre leviers d'une vraie récupération
Les travaux de Sonnentag et Fritz (2007) identifient quatre expériences qui favorisent une récupération de qualité :
- le détachement psychologique, c'est-à-dire ne plus penser au travail ;
- la relaxation, qui permet au corps de relâcher la tension ;
- les expériences de maîtrise, comme apprendre ou réussir quelque chose en dehors du travail ;
- le sentiment de contrôle, en choisissant librement son emploi du temps.
Parmi ces quatre dimensions, le détachement psychologique est le facteur le plus déterminant… et souvent le plus difficile à atteindre lorsque l'on exerce des responsabilités. C'est aussi ce qui explique pourquoi les vacances, à elles seules, ne suffisent pas toujours à restaurer durablement nos ressources.
Pourquoi les vacances ne suffisent pas
Les recherches de Jessica de Bloom montrent que les bénéfices des vacances s'estompent rapidement après la reprise. Les congés ne constituent pas une réserve d'énergie dans laquelle on pourrait puiser pendant plusieurs mois.
Ce qui protège durablement, ce sont les récupérations régulières : des soirées où l'on décroche réellement, des week-ends sans consulter sa messagerie et des temps où l'esprit cesse enfin d'être mobilisé. Autrement dit, la récupération n'est pas un événement annuel. C'est une pratique qui s'entretient tout au long de l'année.
La vraie question devient alors : qu'est-ce qui, dans mon quotidien, m'empêche réellement de récupérer ?
Apprendre à vraiment couper
C'est précisément ce que j'observe dans mes accompagnements. La difficulté à couper est rarement liée uniquement à la quantité de travail. Elle est souvent nourrie par le sentiment d'être indispensable, la peur de ce que l'on retrouvera au retour ou la difficulté à lâcher le contrôle.
La bonne nouvelle, c'est que cette capacité à décrocher se cultive. Des rituels de fin de journée, une passation préparée avant les congés ou des règles claires sur les urgences permettent au cerveau de comprendre que le travail est réellement terminé.
Au fond, la question n'est donc peut-être pas de savoir combien de temps nous partons en vacances, mais comment nous nous autorisons à couper lorsque le travail cesse.
Cet été, posez-vous une autre question que : « Combien de temps vais-je partir ? » Demandez-vous plutôt :
« Qu'ai-je prévu pour que ma tête parte avec moi ? »
Car récupérer ne consiste pas seulement à quitter son bureau. Il s'agit aussi de réussir, pour un temps, à quitter le travail mentalement.
Et si décrocher vous semble devenu impossible, ce n'est peut-être pas un manque de volonté. C'est parfois le signe qu'il est temps de prendre du recul sur votre organisation, votre rapport au contrôle ou votre manière d'habiter votre rôle professionnel. C'est précisément le type de réflexion que nous menons en coaching.
Je vous souhaite un très bel été, et surtout que votre tête parte en vacances avec vous.
Le 2026-07-20
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